François-Régis Hutin, Mission informer

François-Régis Hutin, Mission informer

François Régis HUTIN a dirigé Ouest-France pendant plus de cinquante ans et a largement contribué à faire du journal le premier quotidien français. Plusieurs intervenants soulignent son importance dans l’histoire du groupe, son attachement au pluralisme, à la démocratie et au respect de la personne. Pour François-Xavier LEFRANC, président du directoire d’Ouest-France, il défendait un journalisme permettant à chacun d’exister aux yeux des autres et favorisant le dialogue dans la société. David GUIRAUD, président du conseil de surveillance, insiste sur son exigence éthique, sa hauteur de vue et sa volonté de préserver l’indépendance du groupe. François Régis HUTIN lui-même affirmait que le respect de la personne constituait le principe fondamental de son action.

Issu d’une famille engagée dans la presse et la Résistance, il est profondément marqué par son enfance pendant la Seconde Guerre mondiale. Sa fille, Jeanne Emmanuelle HUTIN, raconte l’arrestation de son grand-père Paul Hutin par la Gestapo en 1943 et un épisode marquant de 1944, lorsque François Régis HUTIN participe à la recherche d’otages exécutés par les Allemands. Selon elle, cette expérience a influencé son éthique journalistique fondée sur la retenue, le respect des personnes et la manière de traiter les drames humains.

Après la guerre, il passe un an au séminaire puis embarque sur un cargo. Son épouse, Jeanne Françoise HUTIN, explique que ce voyage lui permet de découvrir le monde et de vivre au contact des populations les plus modestes. À son retour, il rejoint Ouest-France et prend progressivement la direction du journal. Arrivé au siège en 1961, il devient directeur général en 1965. Philippe BOISSONNAT, rédacteur en chef, se souvient d’un dirigeant très exigeant sur la responsabilité des journalistes, tandis que Caroline TORTELLIER, directrice de la communication, rappelle son attachement au respect des plus vulnérables, de la démocratie, des institutions et du métier de journaliste. François-Xavier LEFRANC souligne également que, lors du déménagement du siège à Chantepie en 1972, François Régis HUTIN mettait toujours en avant la mission du journal avant les aspects techniques ou économiques.

Au cours de sa carrière, il s’engage dans plusieurs combats humanistes. Edmond HERVE, maire socialiste de Rennes de 1977 à 2008, évoque leurs désaccords sur l’enseignement privé catholique mais aussi leurs engagements communs pour la démocratie, la décentralisation et l’aide au développement. François Régis HUTIN soutient activement l’abolition de la peine de mort et crée l’association Ouest-France Solidarité afin de financer des projets humanitaires grâce aux dons des lecteurs.

Le respect de la dignité humaine demeure au cœur de son action. Il met en place la distribution gratuite du journal dans les prisons de l’Ouest. Pascal VION, directeur interrégional des services pénitentiaires, explique que cette initiative favorise l’ouverture sur l’extérieur et la réinsertion. Une détenue anonyme témoigne de l’importance du journal pour rester informée du monde extérieur. Jeanne Françoise HUTIN rappelle également son refus de stigmatiser les personnes détenues et son opposition à la publication d’images qu’il jugeait contraires à la dignité humaine.

Face à la concentration croissante des médias, François Régis HUTIN cherche à préserver l’indépendance de Ouest-France. Jean LEBRUN, historien des médias, décrit la montée en puissance de l’empire de presse de Robert Hersant, tandis que Yves DE CHAISEMARTIN, ancien bras droit de ce dernier, rappelle les rivalités entre les deux groupes, notamment en Normandie. Antoine DE TARLE, ancien collaborateur de François Régis HUTIN, explique que celui-ci décide de transférer le capital du journal à une association afin d’empêcher toute prise de contrôle extérieure. David GUIRAUD souligne que ce modèle protège encore aujourd’hui l’indépendance du groupe.

Malgré les défis posés par la révolution numérique, Ouest-France conserve une place importante dans la vie locale. Les collaborateurs du journal estiment qu’il faut poursuivre l’œuvre de François Régis HUTINet rester fidèle aux valeurs qu’il a défendues. À son décès, les salariés lui rendent hommage lors d’un rassemblement marqué par une minute de silence suivie de longs applaudissements. Jeanne Françoise HUTIN conclut en rappelant sa conviction profonde : la nécessité de vivre ensemble dans la fraternité, le respect des autres et la recherche du bien commun.


  • Année de production :

  • 2026

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